La Russie a avancé depuis une dizaine d’années sur son agenda écologique, notamment via la question climatique qui l’a obligé à entamer des transformations structurelles à tous les niveaux – institutionnel, politique, infrastructurel – en se calquant sur les avancées occidentales dans ce domaine. On a pu donc assister par exemple à la création d’un marché d’obligations vertes et à l’adoption d’une doctrine climatique nationale, ou encore à la promulgation de nouvelles lois obligeant les entreprises les plus polluantes à entreprendre des actions concrètes afin de réduire leurs impacts et présenter leurs résultats annuellement.
Néanmoins, avec la guerre en Ukraine, ces questions semblent ne plus figurer parmi les priorités nationales. En attendant des temps plus propices à la création de règles uniformes via les différentes alliances internationales dont la Russie est membre, les partenariats avec les pays dits « amicaux » continuent d’avancer dans le but de trouver des alternatives à la coopération avec l’Europe qui a pris fin depuis 2022 avec la mise en place des sanctions. Et ce sont bien les BRICS qui représentent à court et moyen terme la priorité pour Moscou, l’UEE et l’OCS ne permettant pas d’avancées importantes en termes de positions communes ou encore d’échanges entre pays.
Même si le thème de l’écologie a connu une baisse de régime au niveau international, celui-ci reste tout de même incontournable. On a pu voir le 25 septembre 2025 lors du Sommet mondial des Nations Unies sur les changements climatiques que la Chine n’avait non seulement pas l’intention d’abandonner ses ambitions en la matière, mais qu’elle envisageait même d’assumer une forme de leadership après la nouvelle sortie des États-Unis de l’accord de Paris. Pour Moscou, les questions environnementales constituent l’un des derniers canaux de discussions disponibles avec les occidentaux dans le cadre des différents congrès et conférences internationaux consacrés aux problématiques environnementales et climatiques. Et même si les tensions diplomatiques et économiques n’épargnent pas ce domaine, Moscou milite pour le sanctuariser afin de maintenir le contact avec les Occidentaux et intensifier les coopérations avec les pays émergents.
> https://www.obsfrbrics.org/wp-content/uploads/2025/12/etudes-OFB-N1-Climat-Russie-1.pdf
